
Trouble obsessionnel compulsif
Le trouble obsessionnel‑compulsif est un trouble de santé mentale caractérisé par deux aspects principaux qui s’alimentent mutuellement : les obsessions et les compulsions.
Trouble obsessionnel‑compulsif (TOC)
Le trouble obsessionnel‑compulsif est un trouble de santé mentale caractérisé par deux aspects principaux qui s’alimentent mutuellement : les obsessions et les compulsions.
Les obsessions sont des pensées, images ou impulsions récurrentes (par exemple des pensées répétées de contamination, le doute de savoir si vous avez bien verrouillé la porte ou éteint la cuisinière, ou une impression intense que vous devez faire quelque chose). Comme ces obsessions surviennent de manière intrusive et non désirée, elles sont très perturbantes et provoquent une anxiété importante. Cette anxiété conduit au second aspect du TOC : les compulsions.
Les compulsions sont des comportements répétitifs que vous vous sentez obligé d’exécuter pour réduire ou stopper l’anxiété. Elles peuvent prendre la forme d’actions physiques (laver les mains pendant des heures, vérifier plusieurs fois si la porte est verrouillée ou si la cuisinière est éteinte) ou d’actes mentaux (compter sans cesse dans sa tête ou réciter une prière). Obsédées et compulsions se renforçant mutuellement, elles prennent progressivement de plus en plus de votre temps, vous épuisent et rendent les tâches quotidiennes les plus simples très difficiles.
Pourquoi j’ai des obsessions et je répète des actions ?
Le TOC est un cercle vicieux qui commence par l’apparition d’une image mentale intrusive, d’une impulsion ou d’une pensée. Si c’est une pensée, elle surgit de façon non désirée :
« Et si j’ai laissé la cuisinière allumée et que ma famille meurt à cause de moi ? »
La pensée est si dérangeante qu’elle vous plonge dans un état d’anxiété élevé, vous faisant ruminer encore et encore sur ce qui arriverait si elle était vraie, et vous vous sentez responsable. La culpabilité vous pousse à vérifier si la cuisinière est vraiment allumée. Vous vérifiez et la trouvez éteinte. Vous regardez le bouton — il est OFF — et retournez dans votre pièce. Vous êtes moins anxieux.
Mais après un moment, une autre pensée intrusive survient :
« Et si en vérifiant la première fois, je l’ai allumée sans faire exprès ? »
L’anxiété revient. Comme la première vérification avait réduit votre anxiété, vous y retournez. Rien d’alarmant. Vous revenez, et une nouvelle obsession surgit ; au fond de vous vous savez que ce n’est pas rationnel, mais l’anxiété est si réelle qu’elle vous force à accomplir la compulsion encore une fois, encore et encore. L’obsession trouve toujours un moyen de provoquer une forte anxiété et de rendre la pensée perturbante crédible, vous poussant à répéter la compulsion. Ce schéma est commun à de nombreux sous‑types de TOC que nous détaillons ci‑dessous.
Les types de TOC les plus fréquents en Afrique du Nord et ailleurs
Le TOC peut se fixer sur presque tous les thèmes, souvent sur ce que vous percevez comme le plus important dans votre vie.
Obsessions religieuses : si vous êtes musulman, vous pouvez faire les ablutions (wudu) et soudain avoir la pensée « Et si mon intention (niyyah) n’était pas suffisamment sincère ? » ou « Et si j’ai oublié de dire Bismillah ? » Le TOC vous dit que vos ablutions sont invalides et que Dieu vous punira si vous ne les refaites pas. Vous répétez alors les ablutions encore et encore, sans jamais ressentir de certitude, vous vous épuisez mais vous vous forcez à continuer avant de prier. Au début de la prière, au takbîr, le TOC réapparaît : « Et si je ne l’ai pas dit correctement ? » Vous répétez, cherchant un soulagement temporaire. Quelle que soit la répétition, l’angoisse demeure : « Si je ne le fais pas parfaitement, Dieu me punira », vous menant à la répétition.
TOC relationnel : en cherchant à construire une relation intime, les obsessions typiques sont « Et si mon/ma partenaire ne m’aime pas vraiment ? » ou « Et si mon/ma partenaire aime quelqu’un d’autre ? » La compulsion devient la vérification répétée du téléphone à la recherche d’indices de tromperie ou l’envoi de messages constants pour obtenir des assurances.
TOC de contamination : le sous‑type le plus fréquent mondialement. Par exemple : « Et si j’ai des bactéries sur les mains et que je rends ma famille malade ? » Cela peut provoquer une telle anxiété que vous vous livrez à des lavages de mains ou des douches à répétition.
TOC de vérification : par exemple vérifier plusieurs fois si la cuisinière est éteinte, si la porte est verrouillée avant de sortir, ou des pensées comme « Et si j’ai causé un accident en conduisant ? » et la compulsion consisterait à reprendre la route pour vérifier ou à fouiller les réseaux sociaux à la recherche d’un post à propos d’un accident sur votre trajet.
Obsessions sexuelles : la sexualité est un thème sensible et certains thèmes sont tabous, particulièrement en Afrique du Nord. Une pensée intrusive peut être « Et si j’étais gay » ou « Et si j’étais pédophile ». La compulsion peut être de se rassurer en répétant que l’on ne l’est pas, ou d’éviter la proximité avec des enfants ou les contacts physiques avec des personnes du même sexe. Dans des contextes où l’homosexualité est moins stigmatisée, ces obsessions sont souvent moins fréquentes. Ce qui est considéré comme interdit varie selon les contextes culturels, mais universellement, les personnes atteintes de TOC développent des obsessions autour de ce que leur société désigne comme tabou.Cet exemple illustre combien les obsessions peuvent paraître « étranges » pour l’entourage et parfois pour la personne elle‑même (lorsqu’elle n’est pas en état d’anxiété, elle voit rationnellement l’irrationalité de la pensée).
Thérapie comportementale et cognitive comme traitement du TOC
L’exposition avec prévention de la réponse (ERP) est la modalité de TCC la plus utilisée pour le TOC. Dans l’ERP, vous affrontez progressivement et de façon répétée les situations, pensées ou stimulations qui déclenchent votre TOC, tout en vous abstenant d’exécuter les rituels compulsifs. Au fil du temps, vous apprenez à tolérer l’anxiété et les pensées inconfortables sans agir (ne pas faire le rituel), ce qui démontre qu’avoir une pensée ne signifie pas qu’il faut y répondre par un comportement. Votre thérapeute vous guide et vous soutient pour approcher ce qui vous bloquait et pour que cela devienne sous votre contrôle, en vous aidant à vous sentir à l’aise en présence de ces stimuli. (Lecture complémentaire sur l’ERP disponible dans un autre encadré.)